Manon, au lycée Albert Schweitzer du Raincy, donne son avis sur ses quatre nouvelles lectures : Saturne de Sarah Chiche, l’Anomalie de Hervé Le Tellier, Les Funambules de Mohammed Aïssaoui et enfin Thésée, ou la vie nouvelle de Camille de Tolédo.

-  SATURNE de Sarah Chiche : Un récit empreint de mélancolie, qui nous conte deux pièges aussi dangereux l’un que l’autre, l’enfance et la vie adulte. J’ai accroché au début à l’histoire, aux différents tableaux que dresse l’autrice de cette famille compliquée et la lutte du personnage principal pour en sortir avec en tête cette image de ce père qu’elle n’a quasiment pas connu. Même si à la longue je l’ai trouvée quand même un peu déprimante.

-  L’ANOMALIE d’Hervé Le Tellier : L’histoire m’a complètement emportée, ce récit où le mystérieux, ce qui ne peut être explicable par la raison vient se confronter au réel et cette foi en la logique. Le discret humour, le fait que L’ANOMALIE soit le roman d’un des personnages et qu’on puisse suivre beaucoup de personnages intéressants sans se perdre, m’ont beaucoup plu aussi. « Malgré tout, je n’aime pas trop cette idée de « destin ». Ce n’est qu’une cible qu’on dessine après coup à l’endroit où s’est fichée la flèche. » (p.302) « Nous sommes aveugles à tout ce qui pourrait prouver que nous nous trompons. » (p.304)

-  LES FUNAMBULES de Mohammed Aïssaoui : J’ai trouvé que c’est un roman puissant, on découvre la vie de personnages qui sont en équilibre instable. L’auteur leur donne l’opportunité de s’exprimer, eux et ceux qui aident les autres au quotidien. J’ai trouvé très intéressant de découvrir un peu les coulisses des Restos du cœur et des associations ainsi que le narrateur personnage qui, par son histoire et par son métier, écrit la vie des autres. En revanche, j’ai été un peu déçue par la quête de Nadia car en réalité il n’y en a pas vraiment. Elle n’a pas vraiment de sens. C’est plus un documentaire qu’un roman. « Savoir lire et écrire, c’est être libre » (p.29) « J’endosse trop de vies. Porter le livre d’un autre c’est porter ses angoisses et ses malheurs. Et le pire, c’est porter ses espoirs. Je n’ai pas toujours ce courage. » (p. 80) « Toi, tu écris les mots, tu les couches sur du papier, mais moi j’ai pas été à l’école, je les balance, je les fais voler. Les attrape qui voudra.(…) Les mots, les mots sont physiques, ils t’arrachent la chair de tes sentiments. Ils te déchirent le cœur à chaque battement. » (p.189)

-  THESEE, SA VIE NOUVELLE de Camille de Toledo : Le style d’écriture, la disposition des phrases qui varient dans une page, l’insertion de photos intriguent au début, puis c’est l’histoire qui s’en charge, sensible, sincère, cet homme qui fuit sa famille et son passé pour finalement se confronter à eux. « nous sommes un flux continu d’apparitions et de disparitions traversé de mille désastres » (p.94) « puisque ce désordre nous dépasse, feignons d’en être les organisateurs. » (p.143)

Manon D, lycée Albert Schweitzer, Le Raincy.