Le journal des lycéens

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Jeudi 18 décembre 2025Des lectrices incroyables de Cession-Sévigné !

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Mardi 16 décembre 2025A la découverte du métier d’attachée de presse avec Vanessa Nahon !

Voici l’interview avec Vanessa Nahon lors des Journées Nationales : une rencontre vraiment enrichissante et inspirante. Elle a partagé avec passion son quotidien d’attachée de presse, les aspects créatifs et stratégiques de son métier. Écouter ses anecdotes et ses conseils concrets a permis de mieux comprendre l’importance de la communication et des relations, tout en donnant un aperçu motivant des opportunités professionnelles dans ce domaine. Cette rencontre a été à la fois captivante et extrêmement instructive.

Bonjour, nous sommes la classe journal du Goncourt des lycéens, et vous, vous êtes ?

Je suis Vanessa Nahon, je travaille au service presse des éditions Gallimard, et je suis attachée de presse.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi consiste votre métier ?

Oui, alors, c’est assez vaste, mais je vais tenter de vous expliquer de façon synthétique. En fait, les attachés de presse ont pour mission de valoriser les auteurs et les livres auprès des journalistes et des différents médias. Ça peut être des médias de l’écrit, des journaux, et ça peut être la radio, la télévision, et bien sûr, l’internet.

Donc, vous travaillez pour la maison d’édition Gallimard ?

Oui.

Comment ça fonctionne un peu, les éditions, et surtout, quels sont les différents métiers qu’on peut y retrouver ?

Alors, je crois qu’il y a à peu près 160 métiers.

160 métiers !!!!!

Donc, c’est assez colossal. Il y a une vraie chaîne du livre. Donc, je vais vous faire vraiment de façon brève, parce qu’il y a tellement de métiers. Mais en fait, on peut débuter par le chemin d’un manuscrit. Donc, on a des manuscrits qui arrivent par la poste. Ils sont lus par des lecteurs. Ensuite, ils passent dans un comité de lecture. Le comité de lecture est dirigé par plusieurs éditeurs, et le patron des éditeurs, Antoine Gallimard. Mais vous avez d’autres éditeurs qui sont affiliés à des collections, comme la collection Blanche, par exemple. Et donc, ce comité de lecture décide de ce qui va être publié ou non. D’accord ? Et ensuite, une fois que c’est validé, on décide de la programmation. C’est-à-dire, si on le publie en août-septembre, comme la liste que vous avez eue pour le Goncourt, ce sont des auteurs qui ont tous été publiés en août-septembre, ou si on le programme pour une autre date. Ça, c’est un choix stratégique de la maison d’édition.

D’accord !

Et ensuite, une fois qu’on a décidé de le publier, il est préparé. Donc, il y a un préparateur qui va le relire, il y a un correcteur. La différence entre correcteur et préparateur : un correcteur, il s’attache à vérifier l’orthographe, et le préparateur, plutôt le fond, à regarder les incohérences d’un texte. Par exemple, au début du texte, il y avait une voiture rouge, à la fin, elle est bleue. Il y a une incohérence. Ensuite, il passe à la fabrication pour qu’il puisse être envoyé chez l’imprimeur. Il est imprimé. Donc, il est imprimé dans un premier temps, en épreuve. Nous, on a le texte très en amont, avant sa publication. Donc, les épreuves, ce sont des textes qui sont encore à revoir par les correcteurs, qui ne sont pas définitifs, et qui nous arrivent, nous, à la promotion, c’est-à-dire aux attachés de presse, très en amont, on va dire trois, quatre mois avant, pour qu’on puisse commencer à faire le travail de préparation et de promotion auprès des journalistes. Il ne se fait pas au dernier moment. Une promotion, ça se construit vraiment très en amont. Par exemple, si on reprend l’exemple des auteurs de septembre, qui sont sortis à la rentrée littéraire, on avait les textes au mois d’avril, on va dire. Donc, ça se prépare très en amont. Ensuite, on a le livre définitif, qu’on envoie en avant-première aux journalistes. Et là, ils prennent connaissance du texte, et on construit toute notre stratégie média pour donner l’impulsion, quand il est publié, qu’il se retrouve en librairie, pour donner l’impulsion à avoir de la presse au même moment partout, de la radio, de la télé. Et là, on donne une impulsion au livre, qui fait que ça donnera envie aux lecteurs, aux acheteurs, d’avoir ce livre, tout simplement.

Ah oui, ça a l’air d’être un métier quand même très intelligent. Et qu’est-ce qui vous plaît dans ce métier-là ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de le faire ?

C’est la diversité des missions. La diversité, c’est-à-dire que là, aujourd’hui, je suis avec vous pour les Journées nationales du Goncourt des lycéens. J’ai fait toute la tournée en région avec les auteurs, Guillaume Poix, Paul Gasnier et Nathacha Appanah, parce que je suis responsable de ces trois auteurs. Donc, j’ai fait toute la tournée avec eux en régions. Donc, ça, c’est assez excitant, on va dire, de les accompagner. Mais en même temps, j’ai toujours mon travail de fond, c’est-à-dire les relations avec les journalistes, c’est très important pour promouvoir tous les auteurs de notre catalogue. Il y a quand même des exigences et il y a quand même des qualités à avoir.

Est-ce que vous pouvez nous citer quelques qualités qu’il faut pour faire ce métier ?

Alors, il faut être très rigoureux, avoir un self-control, parce que c’est beaucoup de stress, surtout en période de prix littéraires. Vous avez eu la charge d’élire un auteur et on est très fiers que ce soit Nathacha Appanah. Mais voilà, ça a été un stress pour nous tous tout au long de ce cheminement. Donc voilà, je dirais organiser un très bon relationnel, parce qu’il faut effectivement nouer des relations sur le long terme avec les journalistes, avec nos auteurs. C’est une question de confiance, donc il faut vraiment avoir un très bon relationnel. On prépare aussi, parce que tout ça, c’est une préparation d’argumentaires, on rédige des communiqués. On est tout le temps en train de rédiger des communiqués. Donc il faut avoir une bonne écriture, une bonne orthographe, il faut savoir s’exprimer, il faut savoir écrire. Et si vous parlez une langue étrangère, c’est encore mieux. Il faut au moins avoir l’anglais courant, ça c’est évident. Parce qu’on a des auteurs étrangers aussi à gérer.

Alors on va vous poser quelques questions sur le prix Goncourt des lycéens pour que ce soit plus personnel. Qu’est-ce que représente pour vous cette journée ?

Oui alors comme je vous le disais, d’accompagner nos auteurs qui étaient en lice sur le Goncourt des lycéens, c’était une expérience assez inédite. Et en plus, nous on avait la chance aux éditions Gallimard d’avoir trois auteurs. Donc Nathacha Appanah, Paul Gasnier et pour la collection Verticale, Guillaume Poix. Et donc on a été enchantés qu’ils puissent échanger avec les lycéens. Parce que pour nous, nous en tant qu’éditeurs, que vous ayez accès à ces auteurs-là, la littérature contemporaine avec des thématiques qui sont vraiment proches de vos interrogations, c’est essentiel. Parce que vous rentrez dans la vie, donc je pense que vous avez plein d’interrogations. On peut parler de santé mentale, on peut parler de la prison comme le fait Guillaume Poix, ou des violences faites aux femmes comme l’a fait Nathacha Appanah. C’est des choses qui sont présentes en vous et qui vous intéressent et vous avez besoin de réponses. Donc de lire ces livres-là, contemporains, pour nous en tant qu’éditeurs, c’est vraiment très important. Donc ce prix Goncourt des Lycéens, c’est central pour nous éditeurs.

Alors, qu’est-ce qui vous a plu dans l’écriture de Nathacha Appanah, Guillaume Poix ou Paul Gasnier ? Est-ce que vous pouvez nous dire ?

Alors, ils ont des styles complètement différents, mais Nathacha Appanah, c’est son douzième livre. Elle a une écriture absolument… Elle a un dispositif déjà littéraire qui est original, qui est ces trois récits qui s’entremêlent. C’est quelque chose qu’elle a construit et qui est important pour elle dans la forme littéraire. Et puis, ces trois récits qu’elle raconte, dont le sien, c’est quelque chose de… C’est un livre majeur pour elle et pour nous, on a senti tout de suite en le lisant. Alors, je ne parle pas du côté éditeur, parce que ce n’est pas moi qui l’édite, mais en tant qu’attachée de presse, que c’était un livre très important. On a tout de suite compris que c’était un livre très important pour cette rentrée et qui toucherait énormément de lecteurs, en fait.

Alors, est-ce que vous pouvez donner un conseil pour les élèves qui veulent devenir soit écrivains ou qui veulent travailler dans une maison d’édition ?

Alors, c’est vrai que les métiers du livre ne sont pas souvent connus, notamment par votre jeune génération. Donc, vous connaissez le métier d’auteur, mais voilà, c’est un peu abstrait comment on construit un livre, qui intervient dans ces métiers-là. Et le métier de la communication, c’est-à-dire faire savoir aux autres que nous éditons des livres et de très bons textes, moi, je trouve que c’est un métier qui est enrichissant, on ne vit jamais les mêmes journées d’une journée à l’autre. C’est toujours très diversifié parce qu’on a des auteurs différents, on s’occupe d’artistes, donc voilà, on a des auteurs différents, on a des textes différents, on ne fait jamais les mêmes choses. Et il y a des événements aussi qui viennent, comme le Goncourt, quand Nathacha a eu le Goncourt des lycéens, ça a été pour elle un moment très fort. Moi, j’étais dans le bureau quand elle a eu l’appel des lycéens et on a été tous en larmes parce que pour nous, c’était… Ça a été une sacrée expérience. Elle était en larmes, nous, on était en larmes parce qu’on s’est dit que c’est le jeune public qui reconnaît que ça les a touchés au cœur, que ça a provoqué quelque chose en eux. Et Nathacha dit souvent qu’elle passe le flambeau aussi, son livre, elle passe le flambeau à la jeune génération. Parce que c’est une lutte permanente et donc c’est votre génération qui, je pense, relèvera ce défi de la meilleure façon. Parce que votre génération, on sent qu’il y a quelque chose qui a changé par rapport au patriarcat et que les filles et les garçons sont vraiment sensibilisés sur ces questions-là. Peut-être juste une dernière question.

Est-ce que le fait d’accompagner des auteurs sur le prix Goncourt des lycéens justement, et qu’on soit des lycéens, est-ce que ça rajoute une expérience ou quelque chose à votre métier d’attachée de presse ?

Oui, forcément, c’est complètement différent. On évolue souvent dans un milieu d’adultes. Oui, bien sûr. Voilà, il y a les grands prix, ce qu’on appelle nous les grands prix lycéens. Les prix majeurs, comme le Goncourt des lycéens à l’automne. C’est un moment très sacralisé, ce moment-là. On voit la portée du Goncourt quand il est remis à Mauvignier par des académiciens Goncourt. C’est très institutionnel. Et d’avoir un prix de lycéen, c’est autre chose. Vous avez toujours des questions aux auteurs qui sont très spontanées, avec un angle aussi différent, qui est différent des questions que peuvent poser les journalistes, qui est très rafraîchissant pour les auteurs. C’est toujours une expérience. C’était inédit d’avoir trois auteurs dans la sélection. C’était chouette de partager ce moment-là avec eux. Ils sont extrêmement sensibles, chacun d’entre eux. Je les ai toujours entendus. Ils sont extrêmement sensibles à ce que peuvent penser justement les lycéens et comment ils vont être reçus par les lycéens. Ils ont "les pétoches" avant les premières rencontres. Ce n’est pas évident, parce que vous n’êtes pas un public facile. C’est vrai, vous êtes tranchants. Vous aimez ou vous n’aimez pas. Vous dites les choses. Il n’y a pas le filtre de la bonne société, de la société un peu feutrée, adulte. Vous allez droit au but. C’est pour ça qu’ils sont inquiets avant la première rencontre, en se disant « est-ce que tout va bien se passer ? » Après, ils sont ravis parce que vous êtes super bienveillants et vous avez des questions pertinentes qu’on ne leur a peut-être jamais posées. Parfois, vous les entendez dire « on ne m’a jamais posé cette question-là ! » Ils en ressortent hyper joyeux. Mes trois auteurs sont sortis avec une super expérience pour eux. Moi, je suis contente. S’ils sont contents, pour moi, l’expérience a été réussie.

Bon, merci madame !

Merci beaucoup à vous. Vous savez ce que vous voulez faire dans la vie à votre âge ?

Personnellement j’aimerais énormément faire ce métier autour du livre. J’ai ça en tête depuis toujours. C’est vrai que j’aimerais travailler dans l’édition ou dans le livre, mais c’est tellement quelque chose dont on ne parle pas assez. C’est très important.

Je ne sais pas si vous êtes en première ?

On est en seconde.

Vous allez choisir quoi en première ? À mon époque, c’était la première littéraire.

Nous, il y a HLP.

Ah oui, , Humanités, littérature et philosophie. Et toi tu veux faire quoi ?

Moi, j’aime bien la littérature. Je suis plus intéressée par le théâtre. Je ne sais pas si je peux trouver un métier qui ait un rapport avec le théâtre.

Ah oui, tu pourrais interroger Guillaume Poix. Il fait des pièces de théâtre. Il avait d’ailleurs une pièce qui se jouait en même temps qu’il faisait les tournées. C’était compliqué pour lui. Il jonglait entre les deux. C’est intéressant. Après, dans vos stages, vous allez faire des stages ?

Oui, on va en faire un au mois de juin mais j’aimerais aussi faire un stage dans une maison d’édition. C’est vraiment intéressant.

Bon, ce n’est pas du tout le sujet mais c’est vrai qu’aujourd’hui il y a tout ce qui est par l’IA, qui dit que ce sont des métiers qui vont disparaître, l’intelligence d’un auteur qui va trouver son sujet, qui se documente…

Mais l’IA ne pourra jamais remplacer ça. Elle ne pourra pas trouver l’idée originale. C’est ça, ça reste de la création. C’est évident que ça ne pourra pas remplacer ça. Après, il faut avoir quelqu’un à Paris si vous voulez faire un stage mais on peut essayer de voir s’il y a une possibilité. Voici ma carte, Gallimard.

Merci beaucoup !

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