Margot revient maintenant sur La Société des belles personnes de Tobie Nathan. C’est un bel avis à ne pas manquer.

La Société des Belles Personnes raconte une aventure aussi personnelle qu’historique qui nous plonge dans la période suivant la Deuxième Guerre mondiale, en Égypte. Tout commence par l’enterrement d’un certain Zohar Zohar, dont on suit ensuite la destinée, du point de vue de son fils qui cherche à en connaître plus sur son père ou encore grâce à des ellipses : Juif né en Égypte, il a dû quitter son pays natal afin de venir s’installer en France.

Lors de ma lecture de la première partie du roman, la découverte de cette culture que j’étais loin de connaître a pu être déstabilisante mais intéressante, notamment grâce aux nombreux détails et précisions permettant de s’imaginer le contexte de manière concrète, même si cela impliquait par moments quelques longueurs dans l’histoire. J’ai également apprécié le fait d’introduire certaines expressions de la langue de ce pays dans le texte : « On pourrait l’appeler ainsi, ce pays : Ma’lesh ! « Ça ne fait rien » ! »

Je me suis ensuite sentie de plus en plus captivée par le récit et l’enchaînement de ses rebondissements, comprenant la volonté toujours plus grande de Zohar Zohar de se venger de son tortionnaire, le nazi Dieter Boehm, ou encore son soulagement de rencontrer d’autres victimes de la guerre animées par ce même objectif, comme Aaron ayant vu se dérouler sous ses yeux la mort de sa famille entière, ou encore Lucien ayant vécu la torture pendant la guerre. Le suspense se met alors en place, accompagné par l’envie de connaître le sens des titres de chaque chapitre, originaux et prenant souvent tout leur sens à la lecture.

L’histoire se termine par la rencontre de François avec la Société des Belles Personnes, suite à la mort de son père auprès duquel il a pu reprendre contact peu avant sa mort. Il a appris qu’il payait une dette à ces personnes afin de maintenir sa lignée, et une voyante lui révèle alors qu’il ne serait jamais vraiment né, existant plutôt sous la forme d’une réincarnation de son père : cette fin a gardé pour moi sa part de mystère que je n’ai toujours pas réussi à percer, je l’ai donc trouvée stimulante.

Margot du lycée Albert Scweitzer au Raincy