« Tout ce que nous voyons cache autre chose » : pendant longtemps, Irène Frain a pourtant cherché à percer le mystère régnant autour du meurtre de sa sœur, allant même jusqu’à mener sa propre enquête. Cela n’a rien changé au silence pesant de la justice et de la police autour de cette affaire, que l’auteure tente de briser, en vain. Cependant sa soeur Denise a été agressée de manière très violente, à 78 ans, et d’autres attaques de ce genre ont également été commises dans le même quartier, j’ai donc senti dans ce livre un désir de libération par l’écriture, mais aussi d’action et d’incompréhension croissante envers le peu de considération de la société et même des proches sur ce meurtre, que j’ai partagé lors de ma lecture : « Je dois aux livres ma victoire contre le silence » « Agir. Donner un grand coup de pied dans la fourmilière. »

Irène Frain dresse alors le portrait de sa sœur, sa talentueuse « fée marraine » ayant souffert de troubles bipolaires, redonnant une identité à cette femme retrouvée morte un jour où « pendant longtemps, l’unique certitude fut la météo », et dont personne ne paraît se soucier, d’autant plus que son décès a été classé comme « mort naturelle », ce qui révolte d’autant plus l’écrivaine. C’est alors toute notre société qu’elle voudrait remettre en question, oubliant vite, axée sur la consommation et le plaisir du moment présent : « appâtés par les vaines promesses de bonheur que nos télés nous degueulent dessus jour et nuit. » pendant toute cette lecture, j’ai partagé cette même frustration, ce sentiment de révolte suite au peu d’importance accordée à une vie humaine.

Margot du lycée Albert Schweitzer au Raincy.

Illustration : Un crime sans importance dessiné par Lisa, classe jury à Sainte-Anne de la Guadeloupe.