Héritage de Miguel Bonnefoy est une véritable épopée familiale s’étendant sur quatre générations qui a su me surprendre par les destins merveilleux de ses personnages. Du premier Lonsonier arrivant au Chili par un mystérieux hasard et réussissant à mener une vie prospère après la dévastation de ses vignes dans le Jura, en passant par son fils Lazare s’engageant pour le pays de ses ancêtres durant la Première Guerre mondiale, pensant à son retour qu’il a « davantage donné à la France par le sacrifice de sa jeunesse que tous les exilés du siècle passé par le prestige de leurs vins », à Margot, prenant le pouvoir sur son destin pour devenir aviatrice et s’arrachant du sol en éprouvant « ni vertige, ni crainte », pour arriver à Ilario Da, torturé sous la dictature de Pinochet puis retournant vivre en France. Tous les personnages sont accompagnés par des comparses tout aussi intéressants. Ils mènent une existence qui leur est propre malgré le poids de l’héritage familial qui les guide chacun à leur manière.

Ces destins croisés, entre deux cultures, m’ont beaucoup inspirée : ils sont épiques, fabuleux, mais aussi réalistes car ancrés dans des contextes historiques bien précis, racontant les séquelles des deux guerres mondiales et de la dictature au Chili : « ce garçon n’était plus un garçon, c’était le spectre de la dictature, c’était la métaphore rustre, terrifiante, effroyable, d’un peuple déjà meurtri. »

Margot, du lycée Albert Schweitzer au Raincy

Illustration du logo : Lou, du lycée de Sainte-Anne, Guadeloupe