Lucie est élève au Lycée Jacques-Coeur de Bourges (Cher, 18). Elle a lu et aimé La plus secrète mémoire des hommes, le roman de M.M. Sarr. Elle donne les arguments qui font de ce livre, selon elle, un « grand livre ».

Présentation rapide du roman

Diégane est un jeune auteur contemporain. Il vit dans le cercle des auteurs noirs sénégalais de Paris. Un jour, il tombe nez à nez avec un ouvrage qui va avoir de grandes conséquences sur sa vie. Sa rencontre avec Le Labyrinthe de l’inhumain, écrit en 1938 par un auteur inconnu et mystérieux, T.C Elimane, va le plonger à la poursuite de la vérité. Au cours de son voyage, il va rencontrer de nombreux personnages hauts en couleurs. Ils nous apportent tous des éléments pour poursuivre l’enquête, si bien qu’ils deviennent tous captivants. Selon tous ces personnages, qui sont en majorité des femmes, le protagoniste découvre que ce livre est accusé de plagiat mais qu’Elimane n’a jamais réagi à ces attaques littéraires, il s’est plutôt effacé. Ce qui crée tout le mystère autour de ce livre.

Un grand livre, qui happe son lecteur et gagne son pari

Ce livre a un style d’écriture tout particulier. Beaucoup de figures de style qui enrichissent le livre. L’auteur fait passer le fil de l’histoire sur une seconde maille pour nous exposer un conte philosophique d’un genre nouveau. Il balaye les siècles et les générations, passant finement du colonialisme à la Shoah et des peuples africains aux populations européennes. L’ensemble se mêle, avec une subtilité surprenante et déroutante, et fait surtout polémique ! Ce n’est pas une enquête policière, c’est un poème policier, et même plus que ça, une ode à la littérature.

Un roman qui brouille fiction et réalité

Une autre facette du roman, que l’on pourrait qualifier de mystique, est le mélange de la réalité et de la fiction. Un peu machinalement et par curiosité surtout, je me demande toujours si l’histoire est basée sur des faits réels. Cette légende africaine a-t-elle vraiment existé ? T.C Elimane est-il le fruit de l’imagination de l’auteur, ou a-t-il déjà foulé notre terre ? Cette part de mystère fait, à mon goût, toute la richesse du livre. Grâce à mes recherches, j’ai pu apprendre que l’histoire n’est que mise en abyme de la réalité. Mohamed Mbougar Sarr est un jeune auteur noir, qui est lié à l’histoire d’un homme qui est accusé de plagiat mais qui le fascine quand même. Exactement comme son récit !

Pari gagné

Selon moi, un grand livre est un livre auquel on associe des recherches. L’auteur gagne son pari si le lecteur est happé par l’histoire et cherche lui aussi à trouver le vrai. Et c’est gagné ! On ne se limite pas seulement à l’histoire, on cherche et on découvre de nouveaux indices par nous-mêmes.

Citons quelques lignes du livre, d’après Le labyrinthe de l’inhumain et aussi La plus secrète mémoire des hommes : « Je vais te donner un conseil : n’essaie jamais de dire de quoi parle un grand livre. Ou, si tu le fais, voici la seule réponse possible : rien. Un grand livre ne parle jamais que de rien, et pourtant, tout y est. Ne retombe plus jamais dans le piège de vouloir dire de quoi parle un livre dont tu sens qu’il est grand. »

Je crois que c’est une bonne formule pour qualifier l’immensité de ce livre, et pour appâter ses futurs lecteurs ; car il est sûr et certain que c’est un grand livre !