Des élèves du Lycée Simone Veil de Liffré (Ille-et-Vilaine, 35) laissent le roman de Lilia Hassaine se présenter lui-même. Le roman parle, oui, parle à son lecteur, pour mieux laisser rayonner sa lumière et jouer ses ombres :

Je suis un roman qui, à travers une histoire magnifique et touchante, raconte l’arrivée en France d’une famille algérienne dans les années 60. Naja quitte l’Algérie pour rejoindre, avec ses trois filles, son mari ouvrier spécialisé dans l’automobile, en France. Elle laisse derrière elle sa famille et ses amis, avec lesquels elle était si heureuse. Mais elle est persuadée que désormais ses enfants ne manqueront plus de rien, et qu’une vie meilleure les attend. Seulement, elle arrivera dans une France raciste et cruelle où la vie se montrera bien plus rude qu’elle ne l’imaginait. C’est pourtant dans cette France hostile que Naja tombera une nouvelle fois enceinte. Commencera alors une grande histoire, entraînant dans son sillage mille lueurs d’espoir, mais aussi de terribles drames et tragédies. Mon écriture élégante et fluide permet d’en apprendre davantage sur l’intégration de ces familles algériennes entre les années 60 et la fin des années 80, ainsi que sur leurs espoirs, leurs désillusions. Portrait amer d’une famille triste et malheureuse qui ne trouve pas sa place entre deux pays, je me présente donc autant comme une fresque familiale douloureuse, hantée par un secret de plus en plus étouffant au fil des années, que comme une étude sociale : tragique et terriblement réaliste. (Texte d’Amélie)

Dans ta main, tu sentiras le froid. De mes mots couleront les larmes, mes pages se transformant alors en un long hurlement. Je verrai tes yeux, me lire, me traverser. Et de là tu ressentiras toute la palette des émotions. Tes mains crispées sur la tranche de mes pages par la déception. Tes mains impatientes de changer de page. Et tes pleurs sur mes pages, causés par la tristesse et la dureté de mon histoire. Tu verras derrière la feuille de papier, ces visages blessés et épuisés par la vie. Tu entendras les cris des cités et tu sentiras aussi, sur ta peau, le doux soleil d’Algérie lécher tes joues. (Texte d’Iona)