Trente ans de Rencontres nationales du Goncourt des lycéens à Rennes, cela se fête ! Pour cet anniversaire, d’anciens lauréats du Goncourt des lycéens ont confié au comité de rédaction du Journal leurs souvenirs de ces Rencontres et ce que ce Prix représente pour eux :

Philippe Grimbert, lauréat du Prix Goncourt des lycéens en 2004 pour son roman Un secret

- Catherine Cusset, lauréate du Prix Goncourt des lycéens en 2008 pour son roman Un brillant avenir

- Carole Martinez, lauréate du Prix Goncourt des lycéens 2011 pour son roman Du domaine des murmures et marraine des Rencontres Nationales 2021

- Joël Dicker, lauréat du Prix Goncourt des lycéens 2012 pour son roman La vérité sur l’affaire Harry Quebert

- David Foenkinos, lauréat du Prix Goncourt des lycéens 2014 pour son roman Charlotte

- Alice Zeniter, lauréate du Prix Goncourt 2017 pour son roman L’Art de perdre

Alice Zeniter

Quels sont les trois mots qui vous viennent à l’esprit quand on vous dit « Goncourt des lycéens » ?

Foule (les amphithéâtres immenses dans lesquels ont eu lieu certaines des rencontres) Chance (tout ce que ce prix m’a apporté et qui m’a rendu la vie plus facile mais aussi la parfaite conscience que j’aurais très bien pu ne pas l’avoir, que j’ai failli ne pas l’avoir, que ça s’est joué à peu de choses et qu’aucune d’elles n’était « le mérite ») Téléphone (à la suite de l’annonce du prix, j’ai passé une journée dans le bureau de mon attachée de presse, littéralement collée au téléphone pour répondre à des interviews. Elle avait ouvert une bouteille de champagne et commandé des pizzas mais je n’ai pas réussi à lâcher le combiné avant 16h ou 17h)

Qu’a eu de spécial ce Prix pour vous ?

Comme tous les prix, il permet de faire connaître un livre (et donc l’histoire qu’il contient) et de le faire vendre (assurant une certaine tranquillité à son auteur ou autrice pour un temps). Mais le Goncourt des lycéens est particulier parce que c’est un prix de lecteurs et de lectrices, pas de professionnels du monde littéraire, et que ces lecteurs et lectrices sont d’une génération dont on nous répète qu’elle ne lit plus, qu’elle ne sait plus lire, etc. Ce qui est faux. Quand j’ai retrouvé le jury pour la remise du prix, j’ai aussi pensé que ce prix était spécial parce qu’il l’était pour tout le monde : les filles et garçons qui le remettaient vivaient un moment très particulier, unique, qui ne se répéterait pas et moi aussi. C’était notre prix, notre année.

Quel est votre meilleur souvenir des Rencontres nationales à Rennes ?

Hmmm… je me souviens que j’étais particulièrement nerveuse à Rennes parce qu’Eric Vuillard était là et que je voulais l’inviter à participer à une rencontre littéraire à la Comédie du Livre dont je faisais une partie de la programmation. Et je cherchais comment faire cette invitation sans avoir l’air d’une groupie gênante (ma voix part très facilement dans les aigus quand je m’émeus) puisque, après tout, nous étions là sous le même statut : deux écrivains en lice pour le Prix… Je n’ai pas réussi à contrôler ma voix. Et je crois que je me suis étranglée sur un des petits gâteaux secs qui étaient dans l’arrière salle.

Et pour finir, une petite rétrospective du prestigieux palmarès : (montage vidéo : Sasha, Lycée E. Renan, St Brieuc)