William est élève au lycée Jean Moulin de Pézenas (Hérault, 34), en Première G4. IL a lu avec une impressionnante précision le roman de F. Noudelmann et a cartographié avec une tout aussi impressionnante précision l’itinéraire du grand-père et du père du narrateur : voici la carte réalisée et la légende qui l’accompagne.

Carte des déplacements de Chaïm et Albert Noudelmann

Itinéraire de Chaïm

1. Chaïm, né en 1891, fuit les pogroms des Pays baltes à l’âge de 18 ans pour se rendre en France. Son voyage, réalisé avec un cheval et une roulotte, sera long et difficile mais prendra fin au bout de quelques mois.

2. Chaïm, espérant obtenir la nationalité française, engagé en tant que qu’Israélite russe dans la Première guerre mondiale, reçoit du gaz moutarde en 1916 sur le front et perd la raison.

3. Chaïm retourne à Paris, et sera interné à l’hôpital Sainte-Anne, avant de sortir puis d’y retourner en décembre 1927 sur la demande de sa femme. Le 24 décembre 1927, Chaïm est transféré en banlieue parisienne, dans l’hôpital psychiatrique de Ville-Evrard.

4. Le 21 décembre 1929, Chaïm est transféré à Cadillac où il passera le restant de ses jours. Il mourra de faim dans cet hôpital psychiatrique de Gironde, le 21 mars 1941. Il sera enterré dans la fosse commune de Langon.

Itinéraire d’Albert

1. Albert est enrôlé dans l’armée française en 1937 à l’âge de 20 ans, il intègre le 129° régiment d’infanterie. Il restera soldat, prisonnier pour la plupart du temps, pendant la période 1937-1945. Le 10 mai 1940, Albert part en Belgique au front. Il est fait prisonnier par les Allemands le 13 mai.

2. Il part à pied aux Pays-Bas pour y rejoindre la province du Limbourg, il est embarqué de force dans un train.

3. Après trois jours de train, il se retrouve en Silésie en Pologne dans un camp de prisonniers Stalag VIII C à Sagan. Il réussit à s’échapper après avoir été dénoncé comme juif par l’un de ses camarades. Albert Noudelmann brûle son livret militaire, puis enterre sa plaque de soldat et décide de prendre le nom de Philippe Garnier, dont la profession sera maintenant ouvrier agricole et non plus vendeur de tissus au Marché Saint-Pierre.

4. En 1945, Albert Noudelmann a été retenu dans différents camps de prisonniers, différentes usines et fermes agricoles ; il s’est échappé plusieurs fois avant d’être rattrapé : l’armée allemande escorte les prisonniers ( dont Albert Noudelmann) vers l’ouest. Le 25 janvier 1945, il voyage en luge. Albert s’échappe avec un groupe et continue son périple. Il se fera attraper, repartira dans une usine avant de s’échapper de nouveau avec un compagnon. Il s’établira un certain temps à Karlsbad en Tchécoslovaquie avant de repartir vers l’ouest. Son périple est semé d’embûches, il rencontrera des Russes violents ainsi que des soldats SS. Il échappera de peu à la mort. Enfin, il repartira avec une voiture donnée par des Russes avant de se la faire voler et de repartir à cheval. Il arrivera finalement dans la zone américaine et regagnera la France en train.

5. Albert Noudelmann retourne enfin en France après 5 ans passés en Allemagne. Il arrivera à Metz avant de rejoindre Paris pour y recevoir des distinctions militaires. Après la guerre, Albert Noudelmann, alias Philippe Garnier, continuera dans la vente de tissus, cependant ses traumatismes liés à la guerre le conduisent à se suicider un 16 juillet.