Clara, élève de Terminale au Lycée Notre-Dame des Minimes, à Lyon (69), nous propose une critique de Patrice Franceschi, S’il n’en reste qu’une :

La liberté ou la mort ?

Et si, finalement, il ne devait en rester qu’une ? C’est la question que se pose l’écrivain-aventurier français Patrice Franceschi dans son roman S’il n’en reste qu’une, publié par Grasset. C’est à travers le point de vue d’une grande reporter, Rachel Casanova, que nous allons retracer l’histoire de deux « sœurs d’armes », Tékochine et Gulistan, ayant combattu corps et âmes contre Daech, à Kobané, ville de Syrie. Cependant, une chose n’est pas très claire : ces deux femmes ont été enterrées ensemble, dans une même tombe, mais dans un cimetière fermé au public, comme la bête noire de la ville, pourquoi ? Grâce à cette œuvre, Patrice Franceschi souhaite éclairer ce mystère, mettre en valeur leur parcours exemplaire mais avant tout, rendre hommage à ces deux héroïnes de guerre. Cette œuvre a été appréciée du grand public, et figure sur la liste du prix Goncourt des Lycéens 2021.

Pour ma part, j’ai adoré ce roman pour la manière très contemporaine et très accessible que l’auteur a de nous dévoiler cette histoire. Les atouts de ce roman sont tout d’abord, le suspens qui fait languir tous les lecteurs, l’attente dans laquelle sont placés ces derniers afin de savoir pourquoi ces deux femmes sont enterrées ensemble, mais surtout, pourquoi le sont-elles dans un cimetière fermé au public, comme une honte.

Ensuite, la forme narrative est originale, comme une retranscription papier d’un reportage, ce qui rend l’histoire plus accessible, plus claire et plus vivante, notamment avec l’insertion de plusieurs discours directs. Effectivement, Rachel Casanova va faire la rencontre de quatre personnes avec de grandes valeurs morales, commandantes, générale, résistante qui ont combattu aux côtés de Tékochine et Gulistan. Nous avons, grâce à cette œuvre, la chance d’accéder à leurs échanges.

Ensuite, la justesse et la précision des mots, des lieux, des dates, des prénoms rendent ce roman d’autant plus saisissant, réel et touchant. Cependant, bien que l’auteur ait mis en œuvre de nombreux aménagements, certaines scènes de guerre, des faits inconcevables, des anecdotes souvent morbides, peuvent heurter la sensibilité de certains lecteurs, et cette particularité est à prendre en compte.

Enfin, j’ai particulièrement affectionné le choix de Patrice Franceschi sur les personnages principaux : que ce soit pour une fois deux femmes qui combattent et non deux hommes. Cela permet de témoigner d’un courage trop souvent passé sous silence.

Pour conclure, je vous conseille de vous plonger dans ce roman, avec Rachel Casanova et de retracer ensemble le parcours de ces deux héroïnes de guerre, mais avant tout, de ces deux êtres humains qui se battent tous les jours pour pouvoir vivre en paix.