Léa-Morgane, élève au lycée Gervile Réache de Basse-Terre, en Guadeloupe, nous donne son avis sur le roman de Patrice Franceschi.

S’il n’en reste qu’une un titre simple, qui ne prend son sens qu’à la fin du livre.

Cette œuvre de Patrice Franceschi, écrivain-aventurier français, suit une journaliste australienne, Rachel Casanova, que le Sydney Match, célèbre journal australien, envoie en Syrie sur les traces des combattantes kurdes unies contre Daech.

Rachel, qui n’est pas très emballée par l’idée au départ, nourrit au fil des pages un intérêt grandissant pour deux femmes combattantes en particulier ; Tékochine et Gullistan figures légendaires mortes mystérieusement lors d’une bataille en 2019. Lors de son enquête, elle rencontre nombre de personnages avec qui des liens se créent, des personnages importants, des dirigeants, tous lui font part de leurs expériences et de la relation qu’ils avaient avec ces deux femmes. Notamment sa rencontre avec « La femme qui ne sourit jamais », Bérivan Kobané, une ancienne Yapaja mais aussi l’ancienne coprésidente du canton de Kobané, vivant à Erbil.

Au fur et à mesure que le lecteur avance dans sa lecture du roman, il apprend à connaître ces mystérieuses soldates qui se sont battues pour la liberté, il arrive facilement à se mettre dans la peau de la journaliste, il devient aussi curieux qu’elle.

L’auteur a réussi à le transporter en Syrie, il a fait de lui un journaliste obsédé par son enquête et qui se noie dans sa curiosité. Par des mots simples, il présente les problèmes de la société syrienne ; les inégalités, le racisme, le sexisme entre autres. Par exemple, il est précisé que les femmes avant d’être tuées, se faisaient violer par plusieurs hommes de Daech. Il s’agissait des conditions de reddition particulièrement blessantes lors des combats.

A travers l’histoire des combattants et combattantes kurdes, le lecteur prend conscience du fossé qui sépare sa vie tranquille de celle de ces hommes et ces femmes qui ont dû se battre pour leur survie. Cette histoire, bien qu’elle relève de la fiction, reflète une réalité. Il y a bien eu des combattantes kurdes, certaines batailles ont véritablement eu lieu, les personnages, eux, sont inventés. Le lecteur le sait bien mais ne peut s’empêcher de croire qu’ils existent, tant cela reflète la réalité. L’auteur a fait beaucoup de descriptions, il a utilisé de vrais événements ce qui laisse croire que Rachel et son histoire ont bien existé.

Personnellement, j’ai tout d’abord jugé le livre par sa couverture ; jaune pâle avec son titre, son auteur et l’éditeur, simple et peut-être trop simple pour moi, il ne me donnait pas très envie à vrai dire. Cependant, lorsque j’ai commencé à le lire je ne pouvais plus m’arrêter, premier chapitre, deuxième, troisième… je les « dévorais ». Dès la première page je fus plongée dans l’univers de cette journaliste, j’étais devenue elle, et donc naturellement je m’interrogeais sur ce qui allait lui arriver. Aurait-elle des réponses à ses questions ? Des questions que je me posais aussi.

Pendant son enquête, elle rencontra de nombreux personnages, protagonistes et personnages secondaires, que j’apprenais à connaître à travers elle. Certains étaient plus attachants que d’autres. Par exemple, Mohamed, son guide qui est présent du début jusqu’à la fin.

Ce livre m’a apporté des informations sur l’histoire de ce peuple, de ce pays. Il m’a révélé comment les femmes, surtout, devaient se battre pour pouvoir accéder à ne serait-ce qu’un quart de la liberté que j’ai. Comment des familles étaient séparées, la violence des batailles, le courage des soldats face à l’adversité, les conditions des femmes loin de nos modes de vie occidentaux. Comme Rachel , j’ai commencé ce livre en ne sachant que le strict minimum grâce aux informations télévisées et je l’ai terminé grandie et plus instruite.

Je vous recommanderais S’il n’en reste qu’une à 100%, que vous soyez homme, femme, non binaire, féministe ou non. Il nous permet d’en apprendre beaucoup sur ces pays si proches de nous et pourtant encore si lointains. Ce livre nous plonge dans l’intimité, dans l’histoire de ce peuple, si habilement que nous ne nous en rendons pas compte. Vous apprendrez des choses tout en vous laissant porter par l’histoire. Ce livre est si bouleversant qu’il en fera pleurer certains, vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer car l’auteur l’a si bien écrit qu’il est difficile de s’en détacher.

Pour ma part, je finirais cette critique littéraire par une expression connue de tous, une expression que j’aurais dû prendre en compte : « On ne juge pas un livre à sa couverture »

Léa-Morgane