Interview de David Thomas

“…Se construire, c’est déconstruire l’image que l’on s’est faite de soi-même…”
Mercredi 10 décembre 2025

Thomas, notre reporter, a eu l’occasion de s’entretenir longuement avec David Thomas à l’occasion des rencontres régionales de Rennes, le 14 octobre dernier.

David Thomas est l’auteur d’Un Frère. J’ai eu la chance de le rencontrer pendant les rencontres régionales de Rennes et de pouvoir l’interviewer. Voici donc une retranscription globale de l’entretien.

— Interview—

Q : Qu’est ce que vous vouliez que les gens ressentent en fermant le livre après l’avoir fini ?

R : Aucune idée… Je n’avais pas d’intention pour les lecteurs pour une raison simple, c’est que je ne pense pas au lecteur quand j’écris. Je ne pense qu’au texte et pas à la façon dont ça va être reçu. Donc je ne me suis pas posé cette question là.

Q : J’ai lu dans le livre qu’écrire ce livre avait été, contrairement à d’autres œuvres que vous aviez écrites, un processus plutôt laborieux… Il y avait quand même des moments qui étaient moins laborieux ?

R : Oui, il y en a eu… Pour certains passages et pour certaines scènes, notamment à la fin du livre, c’était plus rapide. Les scènes plus lumineuses étant plus faciles à écrire que les scènes plus noires.

Q : Est-ce que ce livre a été pour vous comme un exutoire ?

R : C’est une question complexe parce que j’avais la nécessité, le besoin d’écrire mais, comme vous l’avez lu dans le livre, je n’avais aucune envie de le faire et je ne savais pas dans quel état je m’en sortirais à la fin… D’abord je ne savais pas, en commençant le livre, si j’arriverais au bout… Donc un exutoire ? Probablement, oui, on peut dire ça, mais je ne suis pas dupe. Je sais aussi, et c’est ce que j’explique dans le livre, que c’est temporaire…

Q : Quand vous disiez que c’était plutôt laborieux à écrire… Est-ce que il y a eu des chapitres plus durs que d’autres ?

R : Ah oui ! Notamment les chapitres les plus sombres, notamment le chapitre sur le moment de crise, où il est dans un état assez catastrophique et où il faut le faire hospitaliser. Le chapitre sur la découverte de son corps a été difficile à écrire aussi.

Sans transition…

— Questions du tac au tac !—

Q : Thé ou café ?

R : Café.

Q : Stylo ou clavier ?

R : Clavier.

Q : Nuit ou matin ?

R : Nuit.

Q : Roman ou nouvelle ?

R : Ah ! Moi j’ai fait beaucoup de nouvelles, j’ai fait sept recueils, mais disons que c’est un roman qui est construit comme un recueil de nouvelles…

Q : Silence ou musique ?

R : Les deux, ça dépend du moment.

Q : Papier ou numérique ?

R : Oh, papier !

Q : Vous préférez « Bravo » ou « Merci » ?

R : Merci.

Q : Une lecture coup de foudre ?

R : La crucifixion en rose de Henry Miller.

Q : Est-ce que vous avez un petit mot à dire pour les jeunes qui veulent écrire ?

R : Je dirais qu’il ne faut pas penser au talent, il faut penser au désir, à son envie. C’est l’envie qui va être le premier moteur et le talent viendra avec la pratique. Moi je pense que tout part du désir ! Il faut avoir le désir de le faire ! C’est le désir qui compte, plus que le travail… Le travail vient tout seul. Mais c’est vraiment le désir qui va motiver plus que le travail. Le travail c’est ce qui viendra sans s’en rendre compte… Mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas travailler. Le désir et le travail c’est un peu la même chose. Le désir est un travail qui n’est pas douloureux.

Q : Et des conseils aux jeunes lecteurs ?

R : Le conseil c’est de ne pas hésiter à arrêter les livres qui vous ennuient et il faut chercher et on finit toujours par tomber sur le livre qui sera une révélation. Il ne faut pas forcer mais il faut y retourner. Ce n’est pas grave de ne pas aimer Proust, ce n’est pas grave de ne pas aimer Balzac, ce n’est pas grave de ne pas aimer les auteurs dont tout le monde parle et ce qu’il faut se dire c’est qu’il y a des livres qui sont pour nous, il suffit juste de les trouver.

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